Source : Journal de Montréal, 1er septembre 2016, Daphnée Dion-Viens, http://www.journaldemontreal.com/2016/09/01/la-formation-professionnelle-gagne-du-terrain-au-quebec

Longtemps malmenée, la formation professionnelle gagne du terrain. Le nombre d’élèves inscrits dans ses programmes a augmenté de 25 % depuis 10 ans.

C’est ce que révèlent les plus récents chiffres du ministère de l’Éducation à ce sujet. Cette hausse démontre que les efforts faits au cours des dernières années pour valoriser cette formation donnent des résultats, affirme Simon Granger, coordonnateur des contenus chez Jobboom.

«À une époque, la formation professionnelle était vue comme le prix de consolation pour ceux qui décrochaient au secondaire. Maintenant, cette option est présentée comme un choix de carrière tout aussi valable que le cégep ou l’université», affirme-t-il.

Un avis partagé par Louise Dionne, directrice de la Table des responsables de l’éducation des adultes et de la formation professionnelle des commissions scolaires du Québec.

Cette dernière indique que l’augmentation des inscriptions s’observe surtout dans la région de Montréal et chez les adultes de 20 ans et plus qui effectuent un retour aux études ou une réorientation de carrière.

 Plusieurs étudiants s’inscrivent dans un programme de formation professionnelle après avoir fait un détour par le cégep. Au centre de formation professionnelle de Québec, c’est le cas de près de la moitié des élèves, indique sa directrice, Denise Tremblay.

« Encore des préjugés »

L’une d’entre eux, Johanie Blanchette, y suit une formation en soudage-montage après avoir complété un programme collégial en technique d’analyses biomédicales, qui ne lui convenait pas. «Oui, il y a encore des préjugés par rapport à la formation professionnelle, mais l’important c’est d’être capable de les confronter», lance-t-elle.

Nicolas Thibault, qui étudie dans un programme de serrurerie, estime quant à lui que les idées préconçues disparaissent avec les générations. «Parmi les jeunes, c’est aussi bien vu que d’autres formations», lance-t-il. La réalité peut toutefois être différente dans les rangs de leurs parents, ajoute-t-il.

Incontournable

Vincent Dallaire, qui étudie aussi en soudage-montage, croit de son côté que le diplôme en formation professionnelle devient un incontournable pour ceux qui veulent faire des métiers manuels. «Plus ça va, plus ça va prendre un diplôme et une formation pour avoir de bonnes jobs sur le marché du travail», lance-t-il.

Pour s’adapter aux besoins des élèves et des employeurs, des commissions scolaires ont aussi mis sur pied au cours des dernières années des formations individualisées, qui permettent d’admettre des élèves en tout temps plutôt que seulement au début d’une session d’automne ou d’hiver.

Nombre d’inscriptions en formation professionnelle

Des salaires de 1000 $ par semaine en début de carrièreIl est faux de croire que les diplômés de la formation professionnelle sont condamnés à de petits salaires. En début de carrière, il est possible dans certains métiers d’empocher des chèques de paye allant jusqu’à 1000 $ par semaine.

C’est ce qu’affirme Simon Granger, coordonnateur des contenus chez Jobboom.

«Ça varie beaucoup d’un domaine à l’autre en fonction de la demande et de la rareté de la main-d’œuvre. Mais il y a des salaires très intéressants pour certains métiers qui se comparent très très bien avec ceux de la formation collégiale et universitaire», affirme-t-il.

Mécanicien industriel

Les diplômés de certains secteurs sont très demandés, comme ceux en électromécanique, que l’on appelle aussi mécanicien industriel. «Les employeurs se les arrachent littéralement. C’est un des postes les plus recherchés par les employeurs année après année», lance M. Granger.

Ce dernier précise que peu importe le niveau de formation choisi, l’important est d’être formé sur les bancs d’école et de décrocher un diplôme dans un domaine précis. «C’est ce qui maximise les chances d’avoir un emploi dans l’avenir», ajoute-t-il.